25 de nov de 2013

Contes du Brésil

 organização Pascale Fontaine, ilustrações  Daniela Cytryn
Éditions Reflets d`ailleurs, 2013

                           Este é meu olhar para Boto, publicado no livro Contes du Brésil. 



Boto, le dauphin
    Au coeur de la forêt amazonienne, un grand fleuve coule. Beaucoup de fleuves coulent. Ils coulent plus , vite que les garçons aux jambes nues qui crient, les aux grand ouverts:
   - Regarde le Boto, regarde le Boto !
   Sur Ia berge des fleuves de Ia forêt sombre, les jeunes lles baignent leurs corps et murmurent, les yeux émerveillés:
   - Regarde le Boto, regarde le Boto!
   Glissant dans leurs pirogues, sur les fleuves de Ia jungle amazonienne, les hómmes sages disent :
   - Regarde le Boto, regarde le Boto!
   - Le Boto, le Boto, le Boto! Botoooo ...
   La nuit tombe. Arrive Uauiará, le seigneur des eaux, le protecteur des poissons. Il prend la forme du dauphin Boto. Boto, le dauphin du fleuve Amazone, le dauphin blanc, le dauphin rose appelé «piraia-guará», ou le dauphin bleu tucuxi».
   - Regardez, voilà le Boto qui nage vers nous, l'être enchanté, le Boto protecteur !
   Il aide le piroguier à mener sa pirogue les jours agités e tempête ; il effraie les bancs de poissons pour qu'ils restent à la portée des pêcheurs, dans les mares et sur les plages ; il accompagne les embarcations dans lesquelles voyagent des femmes enceintes ; il aide les naufragés à regagner la berge en les poussant avec son bec.
   - Regardez, voilà Ie Boto qui nage vers nous, Ie Boto conquérant, Ie Boto séducteur !
   La nuit tombe. Le dauphin gagne Ies berges des fleuves, se transforme en un beau jeune homme, grand, blanc et fort. Vêtu de blanc, il porte un chapeau sur Ia tête qui cache l'orifice par IequeI il respire, pour que personne ne soupçonne qu'il est un dauphin. Il part à Ia recherche de baIs et de fêtes, chante des chansons romantiques, attire Ies jeunes filles, danse avec elles, tombe amoureux et fait des fils, beaucoup de fils ... sans jamais rien chercher à savoir d'eux.
Alors, Ie peuple dit :
   - Voilà Ie fils de Boto !
   - Cette femme s'est donnée au Boto, Ie Boto, oui, Monsieur!
   La nuit tombe et Ies hommes racontent des histoires ...
   Il y a de cela bien Iongtemps, une Indienne Tapuia rentrait chez elle en pirogue. Ses bras bien galbés ramaient avec rapidité. Ses épaules cuivrées, parées de rouge, ondulaient sous Ie mouvement de va-et-vient de Ia rame. Le soIeil faisait briller Ies eaux agitées par Ia brise du soir.
   La jeune fille fredonnait une vieille mélodie dont elle se souvenait, que lui avait transmise la mere de sa mere, qui l'avait entendue de la mere de sa mere. Elle était à un âge ou la femme se souvient encore de son enfance, mais rêve des voluptés de Ia puberté qui s'éveille.
   Elle était ainsi entre rêves et pensées quand, sans raison, un frisson parcourut son corps. Elle fut saisie de voir un garçon marcher entre les saules de la berge, un inconnu qui attira son attention. Jambes robustes, agiles. Poitrine et bras musclés. Il marchait seul et son regard était si ardent que l'Indienne rougit lorsque leurs regards se croiserent. Confuse, elle rama au hasard, sans parvenir à se défaire de la présence du jeune homme. Ils resterent ainsi un moment ... Combien de temps ? Gn ne sait pas. Puis il disparut. la jeune fille ne vit même pas le temps passer et fut surprise par la nuit qui tomba presque subitement.
   Il était déjà tard quand elle arriva au porto. Sa vieille grand-mere l'attendait, et quand elle vit sa petite-fille en retard, les larmes aux yeux, elle dit aussitôt :
   - Est-ce que ma petite-fille aurait vu le dauphin ?
   La jeune fille rougit et Ia femme poursuivit :
   - Ah, mon enfant, pour être franche, si tu as vu le dauphin, tu es perdue.
   La jeune fille disparut. L'urutau chanta trois fois. Dans le ciel sombre, Ia lune se leva, ronde, pleine, argentée et mélancolique, et le village s'endormit.
   Le jour suivant, l'Indienne fut prise d'une immense tristesse. Ses yeux sombres perdirent leur éclat. Son teint devint d'une pâleur mortelle. Elle se mit à marcher sans but. l'esprit ailleurs.
   Quatre lunes plus tard, à une heure déjà avancée de Ia nuit, les chiens commencerent à japper et se lancerent sur les berges du fleuve ou le saut joueur d'un dauphin éclaboussait les eaux. Une silhouette fendit Ia pénombre et descendit le ravin. C'était Ia jeune fille qui n'arrivait pas à dormir, venue là pour se rafraichir.
   Quand ses pieds foulerent le sable fin, tout devint silencieux. Elle entra dans l'eau. Plongea. Flotta. La lune l'épiait. Entiere à nouveau. La jeune fille nageait, plongeait, s'amusait avec le dauphin. Frémissait...
   Bien des jours plus tard, Ia jeune fille portait un petit sur son dos et à son passage le peuple disait :
   - Voilà le fils de Boto! Voilà le fils de Boto!
   Ainsi va Boto, le dauphin enchanté, qui laisse sa marque tout au long des courants. L'être qui se veut tant séducteur ...
   

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